Transport Maritime des marchandises dangereuses

Plusieurs marchandises transitent chaque jour dans les ports du monde. 

La récente explosion du nitrate d’ammonium dans le port de Beyrouth qui est un événement dramatique, rappelle la nécessité  de sécuriser l’acheminement, la manutention et le  stockage des marchandises dangereuses.

A cet  effet, le Togo dispose depuis le 26 août 2021 d’une réglementation qui vise à réduire les risques d’accidents liés au transport des marchandises dangereuses par mer, ainsi que leur stockage et leur gestion dans les ports et les espaces maritimes sous sa juridiction.

 

Qu’est-ce qu’une marchandise dangereuse

 

La notion de substances (marchandises) nocives potentiellement dangereuses (Hazardous and Noxious Substances – HNS en anglais) désigne toute substance autre qu’un hydrocarbure qui, si elle est introduite dans le milieu marin, risque de mettre en danger la santé de l’homme, de nuire aux ressources biologiques et à la flore et la faune marines, de porter atteinte à l’agrément des sites ou de gêner toute autre utilisation légitime de la mer .

 

Les hydrocarbures représentent plus de 80 % des marchandises dangereuses mais, ils ne sont pas les seuls à présenter des risques. 

 

Afin de permettre le transport multimodal de ces marchandises au niveau international, les Nations-Unies ont élaboré une classification fondée sur neuf classes de danger. 

 

Elle est complétée par des règles spécifiques liées à chaque mode de transport.

 

Classification des marchandises dangereuses

Les marchandises dangereuses relèvent d’un ou de plusieurs types particuliers de dangers et possèdent un numéro dit « numéro ONU ».

Les marchandises dangereuses sont réparties en 9 classes :

 

Classe 1 : matières et objets explosibles

 

Classe 2 : gaz

 

Classe 3 : liquides inflammables

 

Classe 4 : matières inflammables

 

Classe 5 :

 

Matières comburantes (classe 5.1)

Peroxydes organiques (classe 5.2)

 

Classe 6 :

 

Matières toxiques (classe 6.1)

Matières infectieuses (classe 6.2)

 

Classe 7 : matières radioactives

 

Classe 8 : matières corrosives

 

Classe 9 : matières et objets dangereux divers

 

 

 

Classification des marchandises dangereuses

 

 

 

Ce principe de classification détermine la procédure de transport adaptée aux différentes marchandises dangereuses.

 

Les marchandises dangereuses sont également affectées à des groupes d’emballage spécifiques en fonction du degré de danger qu’elles présentent (Groupe I, II et III ).

Depuis 2011, il existe un marquage spécifique destiné aux produits dangereux pour l’environnement commun à tous les modes de transport, conformément aux propositions de l’ONU.

L’étiquette représente un arbre et un poisson morts. Pour le transport maritime, cette notion reste identifiée comme « polluant marin ». 

 

 

Les recommandations de l’OMI sur la gestion des marchandises dangereuses dans les ports

L’Organisation Maritime Internationale a formulé des recommandations définissant l’aptitude d’un navire à transporter par voie maritime des marchandises dangereuses en colis ou en vrac, leur conditionnement, les précautions de manutention et de chargement.

 

Mises à jour en 2007, ces recommandations représentent le référentiel en la matière, mais ne sont pas obligatoires.

Les administrations nationales sont, cependant, fortement incitées à les intégrer dans leur plan de gestion des risques associés aux flux de marchandises dangereuses dans les ports.

Un code spécifique s’applique à chaque type de chargement : le code IMDG pour le transport en colis, le code IBC pour les produits chimiques en vrac liquide, etc.

 

Parmi les recommandations on peut citer :

 

 

La déclaration des marchandises dangereuses

 

Tout navire transportant des matières dangereuses faisant escale dans le port d’un État membre à l’obligation d’informer préalablement les autorités maritimes et portuaires de ses mouvements et de la nature précise de sa cargaison.

 

Il est également tenu de se déclarer dans les dispositifs de séparation du trafic.

 

 

 

Recommandations de l'OMI sur les marchandises dangereuses

 

Définir des zones de stockage pour chaque type de matières dangereuses.

 

Des zones de stockage doivent être adaptées au type de matières, à leurs risques associés, et capables d’assurer la ségrégation entre classe de matières dangereuses incompatibles. Des moyens nécessaires à la mise en sécurité de ces zones doivent être déployés comme des systèmes d’alarme, de prévention et de protection.

Des plans d’urgence et un ensemble de procédures doivent également être mis en place et régulièrement mis à jour. Finalement, l’accessibilité des zones de stockage des marchandises dangereuses en cas d’urgence doivent être assurée.

 

La formation du personnel manipulant les marchandises dangereuses 

Le personnel en charge de la manipulation des marchandises dangereuses doit être formé et qualifié.

Au moins une personne responsable «ayant une connaissance suffisante des prescriptions juridiques nationales et internationales en matière de transport et de manutention des cargaisons dangereuses qui sont en vigueur» doit être désignée par l’autorité portuaire.

Les autorités doivent aussi déterminer ce qui est acceptable en termes de quantité et de type de cargaisons dangereuses entrant et transitant dans le port.

Les recommandations de l’OMI détaillent de nombreuses autres mesures, comme le maintien des registres, des procédures de protection contre le feu, des procédures de protection de l’environnement, un système de retour d’expérience en cas d’incident, l’inspection régulière des zones de stockage et des cargaisons dangereuses.

 

Enfin, les recommandations de l’OMI sur les marchandises dangereuses insistent sur le rôle des autorités dans la supervision des dispositifs humains, matériels et organisationnels nécessaires pour assurer la sécurité des opérations portuaires.

 

LA GESTION DES MARCHANDISES DANGEREUSES AU PORT AUTONOME DE LOMÉ

Après l’explosion du nitrate d’ammonium dans le port de Beyrouth, qui rappelle hélas des événements dramatiques antérieurs, il est impératif de s’assurer que ces recommandations seront mises en œuvre concrètement afin d’assurer la sécurité des installations portuaires et des riverains.

Le transport de marchandises dangereuses dans les conteneurs doit également être suivi avec attention.

C’est justement pour éviter cette fâcheuse situation que les autorités togolaises et portuaires ont décidé d’anticiper.

En effet, le Togo dispose depuis le 26 août 2021 d’une réglementation qui vise à réduire les risques d’accidents liés au transport des marchandises dangereuses par mer, ainsi que leur stockage et leur gestion dans les ports et les espaces maritimes sous sa juridiction.

 

Des actions pour mieux gérer les marchandises dangereuses au Port de Lomé

 

Bien avant la réglementation, les autorités portuaires avaient déjà émis des réflexions sur la gestion des marchandises dangereuses au port de Lomé.

Le 11 août 2020, les ministres togolais de la sécurité et de l’environnement ont rencontré les acteurs de la plateforme portuaire de Lomé sur les dispositifs de sûreté maritime et les mesures liées aux directives de l’International Maritime Dangerous Good Code (IMDC).

 

Cette rencontre avait pour but de réfléchir et d’échanger sur les stratégies à adopter pour renforcer la sécurité de la population et des biens matériels autour de la zone portuaire afin d’éviter de tel drame au Togo.

 

Mais déjà, au niveau du Port Autonome de Lomé, des mesures sécuritaires ont été mises en vigueur pour gérer les produits chimiques et autres marchandises dangereuses.

 

Ceci en vue de protéger les installations portuaires et les populations.

 

Afin de renforcer ces dispositions et prenant la mesure de la situation et également vu l’urgence, il a été expressément demandé à toutes les installations portuaires, entre autres, le Port Autonome de Lomé (PAL); Togo Terminal (TT); Lomé Container Terminal (LCT) et la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT) et les consignataires à soumettre à l’Organisme National chargé de l’Action de l’Etat en Mer (ONAEM), les mesures prises pour se conformer au code IMDG (International Maritime Dangerous Good).

 

Une liste de marchandises dangereuses autorisées à entrer sur le territoire togolais

 

Au nombre des recommandations, celle, relative, à l’établissement le plus tôt possible, de la liste des substances autorisées à entrer sur le territoire togolais et sensibiliser les consignataires afin de transmettre régulièrement les manifestes numériques, devant permettre la prise de décisions d’autorisation ou de refus d’accostage des navires.

 

Cette liste doit être établie par le ministère en charge de l’Environnement et l’Autorité Nationale pour l’Interdiction des Armes Chimiques (ANIAC)

 

Toutes ces recommandations permettent de prendre des décisions idoines, pour encadrer la gestion des produits chimiques dangereux aussi bien dans l’enceinte qu’au-delà de la zone portuaire au Togo.